Même si on parle plus que jamais de la santé mentale et des sujets qui l’entourent, divers mythes demeurent ancrés dans le discours commun.
Ces mythes perdurent et peuvent entretenir la stigmatisation et l’intolérance envers les gens qui sont aux prises avec des difficultés en santé mentale. Le discours autour de celle-ci se doit d’être plus ouvert et bienveillant, comme tout le monde possède une santé mentale, au même titre qu’une santé physique.
Tout d’abord, afin de mieux comprendre le contexte, il convient de définir ce qu’est la santé mentale. Selon l’OMS, la santé mentale est une partie essentielle du bien-être, et permettrait d’affronter le stress, les épreuves de la vie, et bien plus. Celle-ci est influencée par plusieurs facteurs, tels que des facteurs personnels, familiaux, communautaires et structurels. Les personnes se trouvant dans des situations difficiles sont aussi généralement plus à risque de développer d’autres problèmes de santé mentale et physique.
Voici donc certains mythes qui perdurent encore aujourd’hui, ainsi que les faits permettant de les déconstruire.
Dans le même ordre d’idée que ce qui a été mentionné précédemment, la santé mentale réfère à un état de bien être psychologique émotionnel et social, mais ne se limite pas à l’absence d’une maladie mentale (Institut National de Santé Publique du Québec, 2026). Par exemple, cela peut être comparable au fait d’avoir une bonne santé physique générale malgré le fait de souffrir d’un diabète de type 1.
Les troubles de santé mentale se caractérisent par des perturbations de la pensée, du comportement ou de l’émotion, et lorsqu’ils entrainement une détresse importante, ceux-ci sont définis comme des maladies mentales. Voici des exemples de maladies mentales: les troubles anxieux et dépressifs, troubles de personnalité obsessionnelle compulsive, etc. (First & Zimmermann, 2024)
Ces deux concepts sont donc distincts, ce qui signifie qu’une personne souffrant d’un trouble de santé mentale peut avoir une bonne santé mentale, malgré le diagnostic (First & Zimmermann, 2024).
Selon l’INSPQ (2026), un trouble de santé mentale diagnostiqué peut être associé à différents degrés de santé mentale, notamment à une santé mentale “florissante”, caractérisée par un haut bien-être émotionnel et un bon fonctionnement psychologique et social. Toutefois, le contraire est aussi vrai: il est possible d’avoir une mauvaise santé mentale tout en n’ayant aucun trouble de santé mentale.
Les grands titres des journaux sur les crimes violents commis par des personnes aux prises avec des maladies mentales ont contribué à entretenir le mythe selon lequel les deux sont indissociables. Il s’agit d’un domaine de recherche complexe, mais les experts s’accordent pour dire que la maladie mentale n’est pas, à elle seule, un facteur prédictif de violence. De nombreuses études montrent que les personnes vivant avec une maladie mentale sont en fait plus susceptibles d’être victimes de crimes violents.
- Les maladies mentales ne sont pas significativement corrélées à la violence ou les comportements agressifs. Les personnes atteintes de celles-ci ne le sont donc pas plus que la population générale.
- Ce mythe contribue toutefois à marginaliser ceux qui souffrent des troubles de santé mentale et physique, ce qui peut augmenter d’autant plus la détresse vécue par ces personnes. Étant marginalisées et plus souvent exclues, elles sont aussi plus à risque d’être victime de violence, et non l’inverse. (Association canadienne pour la santé mentale, 2016)
- Bien que les personnes souffrant d’un trouble de santé mentale soient légèrement plus à risque de commettre des actes de violence que ceux n’en souffrant pas, il est impératif de nuancer ce que cela signifie. En effet, il faut aussi prendre en compte que la violence est significativement liée à plusieurs facteurs de risque, comme la consommation de substances psychoactives, les comportements antisociaux ou le manque d’empathie. Les personnes souffrant d’un trouble de santé mentale ne sont donc généralement pas violentes, mais lorsqu’elles le sont, d’autres facteurs comme ceux énumérés précédemment entrent en compte et peuvent expliquer ce lien. (Ordre des psychologues du Québec, 2023)
Personne n’est à l’abri des maladies mentales, mais les facteurs de risque et de protection peuvent jouer un rôle important. Les facteurs de risque sont des éléments comme la pauvreté, les traumatismes vécus pendant l’enfance et les logements inadéquats. Les facteurs de protection comprennent notamment des liens sociaux solides, un emploi valorisant et l’activité physique. Les personnes jouissant de nombreux facteurs de protection peuvent néanmoins être aux prises avec une maladie mentale, et vice versa; toutefois, ces facteurs modifient considérablement la probabilité que cela survienne.
Il existe différentes définitions. La Commission de la santé mentale du Canada le décrit comme suit : « Dans le domaine de la santé mentale, le rétablissement fait référence à la possibilité de mener une vie satisfaisante, valorisante et nourrie par l’espoir en dépit des inconvénients causés par les maladies et les problèmes en lien avec la santé mentale. Le processus de rétablissement s’inspire des forces de la personne, de sa famille, de sa culture et de sa collectivité. Il peut être favorisé par de nombreux types de services, de mesures de soutien et de traitements. »
Le rétablissement ne signifie pas nécessairement que tous les symptômes de la maladie ont disparu. La personne gère les symptômes, se reprend en main, redevient fonctionnel et continue de réaliser ce qu’elle fait habituellement dans sa vie comme poursuivre ses études, son travail et ses activités sociales malgré la maladie (Commission de la santé mentale du Canada, 2019).
Il existe de nombreux types différents de traitements, de services et de soutiens qui peuvent aider. Personne ne devrait s’attendre à se sentir mal pour toujours.
Références
Association Canadienne pour la santé mentale. (2016). Les mythes au sujet des maladies mentales. https://cmha.ca/fr/brochure/les-mythes-au-sujet-des-maladies-mentales/
Commission de la santé mentale du Canada. (2023). Fiche d’information : Idées reçues et mythes courants sur la santé mentale. https://commissionsantementale.ca/resource/fiche-dinformation-idees-recues-et-mythes-courants-sur-la-sante-mentale/
First, B. M. & Zimmermann, M. (2024). Présentation des maladies mentales. Le manuel Merck version pour le grand public. https://www.merckmanuals.com/fr-ca/accueil/troubles-mentaux/pr%C3%A9sentation-des-soins-de-sant%C3%A9-mentale/pr%C3%A9sentation-des-maladies-mentales
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